Nous contacter
← Retour aux articles

août 31, 2026

Charges locatives récupérables : la liste complète pour locataires et propriétaires

Les charges locatives récupérables représentent une source fréquente de questions, de désaccords et parfois de litiges entre propriétaires et locataires. Elles s’ajoutent au loyer principal, mais elles ne peuvent pas être facturées librement : leur nature est strictement encadrée par la loi. Un bailleur ne peut récupérer auprès de son locataire que certaines dépenses précises

Charges locatives récupérables : la liste complète pour locataires et propriétaires

Les charges locatives récupérables représentent une source fréquente de questions, de désaccords et parfois de litiges entre propriétaires et locataires. Elles s’ajoutent au loyer principal, mais elles ne peuvent pas être facturées librement : leur nature est strictement encadrée par la loi. Un bailleur ne peut récupérer auprès de son locataire que certaines dépenses précises liées à l’usage du logement, des équipements communs et des services collectifs. À l’inverse, les frais de gestion, les grosses réparations ou les travaux d’amélioration restent normalement à sa charge.

Connaître la liste des charges locatives récupérables est donc indispensable avant de signer un bail, au moment de vérifier une provision mensuelle ou lors de la régularisation annuelle. Que vous soyez locataire d’un appartement en copropriété, occupant d’une maison louée ou propriétaire bailleur, ce guide détaille les règles applicables, les dépenses concernées, les justificatifs à demander et les démarches à entreprendre en cas d’erreur. Il permet aussi de distinguer clairement les charges récupérables des charges non récupérables.

1. Que sont les charges locatives récupérables ?

Squat et expulsion : procédure et délais 2026
© Adrien Olichon via Pexels

Les charges locatives récupérables, aussi appelées charges récupérables, correspondent aux dépenses initialement payées par le propriétaire mais qu’il est autorisé à demander au locataire. Elles viennent en complément du loyer hors charges. Leur principe est simple : le locataire doit participer aux frais liés aux services dont il bénéficie directement, à l’entretien courant des parties communes et à certaines taxes associées à l’occupation du logement.

Cette récupération est encadrée par l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 pour les locations de résidence principale louées vides, ainsi que par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Ce décret fixe une liste limitative : si une dépense ne figure pas dans cette liste, elle ne peut en principe pas être imputée au locataire. Pour un logement meublé, les règles peuvent différer selon que les charges sont versées au réel ou sous forme de forfait.

Le principe de la provision sur charges

Dans la majorité des locations nues, le bail prévoit une provision sur charges. Le locataire verse alors chaque mois une somme estimée, par exemple 80, 120 ou 180 euros, en plus du loyer. Cette avance doit ensuite être comparée aux dépenses réellement supportées pendant la période concernée. C’est ce mécanisme qui conduit à la régularisation annuelle des charges.

Si les provisions versées dépassent les dépenses récupérables réelles, le propriétaire doit rembourser le trop-perçu. Si elles sont insuffisantes, il peut demander un complément au locataire, à condition de fournir un décompte suffisamment détaillé et de mettre les pièces justificatives à disposition.

Charges récupérables et charges non récupérables

Il est essentiel de ne pas confondre dépenses récupérables et dépenses restant à la charge du bailleur. Le remplacement d’une ampoule dans les parties communes peut être récupérable ; le remplacement complet d’un ascenseur vétuste ne l’est généralement pas. De même, les frais de nettoyage des couloirs peuvent être réclamés au locataire, tandis que les honoraires de syndic ou l’assurance de l’immeuble restent, sauf exception particulière, supportés par le propriétaire.

  • Les charges récupérables concernent l’usage, l’entretien courant et certains services collectifs.
  • Les charges non récupérables concernent notamment la propriété, la gestion, les grosses réparations et l’amélioration de l’immeuble.
  • Le bailleur doit pouvoir justifier les sommes demandées, surtout dans le cadre d’une régularisation.
  • Le locataire ne doit payer que ce qui est prévu par les textes et le contrat de location.

2. La liste des charges récupérables dans les parties communes

Dans un immeuble collectif, une grande partie des charges récupérables est liée aux parties communes. Il peut s’agir du hall d’entrée, des escaliers, des couloirs, du local à vélos, des parkings, des espaces verts ou encore de l’ascenseur. Le locataire participe aux dépenses correspondant à l’entretien courant de ces espaces et aux consommations nécessaires à leur utilisation.

Les montants peuvent varier fortement selon la taille de l’immeuble, les équipements présents, la présence d’un gardien, le niveau de services et la localisation du logement. Une résidence récente avec ascenseur, portail motorisé, espaces paysagers et chauffage collectif génère habituellement des charges plus élevées qu’un petit immeuble sans équipement collectif.

Entretien, nettoyage et éclairage

Le nettoyage des sols, vitres, tapis, boîtes aux lettres et autres éléments communs fait partie des dépenses récupérables lorsqu’il correspond à l’entretien courant. Il en va de même pour les produits de nettoyage, les sacs poubelles utilisés dans les parties communes, les petites fournitures et la rémunération de l’entreprise de ménage.

L’électricité nécessaire à l’éclairage du hall, des escaliers, des couloirs, du parking ou des abords immédiats de l’immeuble peut également être répartie entre les locataires. Les dépenses d’entretien courant des dispositifs d’éclairage, comme le remplacement des ampoules, tubes, minuteries ou fusibles, peuvent être récupérables.

Ascenseur, espaces verts et parkings

Les dépenses de fonctionnement de l’ascenseur font partie des charges récupérables pour les occupants qui bénéficient de cet équipement. Cela comprend notamment l’électricité, les produits nécessaires à l’entretien courant, les petites réparations et une partie de la maintenance. En revanche, le remplacement intégral d’un ascenseur ou une modernisation importante relèvent généralement du propriétaire.

Pour les espaces extérieurs, l’entretien des pelouses, haies, arbres, allées et équipements communs peut être récupéré. La tonte, le désherbage, l’arrosage, l’achat de petites fournitures de jardinage ou le remplacement ponctuel de végétaux peuvent être concernés. Les frais liés aux parkings, à l’ouverture automatique d’un portail ou au nettoyage des voies de circulation peuvent aussi être imputables aux locataires lorsqu’ils correspondent à des prestations courantes.

  • Nettoyage des halls, couloirs, escaliers et locaux communs.
  • Consommation d’électricité des parties communes.
  • Entretien courant des ascenseurs, interphones, portails et dispositifs de sécurité.
  • Entretien des espaces verts et des allées communes.
  • Fournitures nécessaires au ménage, à l’éclairage ou à l’entretien courant.
  • Enlèvement des déchets et frais liés aux ordures ménagères.

3. Eau, chauffage collectif et équipements : quelles dépenses sont récupérables ?

© ClickerHappy via Pexels

Les consommations d’eau et d’énergie constituent souvent la part la plus importante des charges locatives. Lorsqu’un logement dispose de compteurs individuels, le calcul est généralement plus lisible : le locataire paie directement sa consommation ou celle-ci est répercutée selon le relevé du compteur. Dans les immeubles équipés d’installations collectives, la répartition peut être effectuée selon des tantièmes, des relevés individualisés ou les règles prévues par la copropriété.

L’eau froide, l’eau chaude et l’assainissement

L’eau froide consommée dans le logement ou les parties communes peut être récupérée auprès du locataire. Il en est de même pour l’eau chaude collective, lorsque l’immeuble dispose d’une production commune. Les frais d’assainissement, c’est-à-dire le traitement des eaux usées et l’accès au réseau collectif, peuvent également entrer dans les charges récupérables.

Le propriétaire doit néanmoins veiller à une répartition cohérente. Si le logement est vacant pendant plusieurs mois, il ne peut pas faire supporter au locataire les consommations propres à un autre occupant. En présence de compteurs individuels, le relevé doit correspondre à la période d’occupation. En cas de fuite d’eau dans une canalisation commune, la prise en charge dépend de son origine et de la responsabilité de chacun.

Le chauffage collectif et la production d’énergie

Dans un immeuble chauffé collectivement, les dépenses de combustible, d’électricité, de fonctionnement de la chaufferie, d’entretien courant des installations et de petites réparations peuvent être récupérables. Le locataire peut donc payer une quote-part de gaz, de fioul, de bois, de réseau de chaleur ou d’électricité utilisée pour chauffer l’immeuble.

En revanche, le renouvellement complet d’une chaudière collective, l’installation d’une pompe à chaleur, la rénovation énergétique lourde ou le remplacement intégral d’un réseau de chauffage constituent des dépenses d’investissement. Elles ne peuvent pas être intégrées aux charges récupérables ordinaires, même si elles sont susceptibles de réduire les consommations futures.

Autres équipements collectifs

Les équipements partagés peuvent produire des charges récupérables lorsqu’ils sont utilisés par les occupants : antenne collective, vide-ordures, système de ventilation, interphone, porte de garage, buanderie commune ou dispositifs de sécurité. Là encore, seule la partie liée au fonctionnement et à l’entretien courant peut être demandée au locataire.

DépenseRécupérable auprès du locataire ?Exemple
Consommation d’eau froideOuiFacture d’eau répartie selon compteur ou tantièmes
Chauffage collectif courantOuiGaz de la chaufferie et entretien annuel
Remplacement complet de chaudièreNonInstallation d’un nouveau générateur de chauffage
Entretien d’ascenseurOui, en partieContrat courant et petite maintenance
Modernisation d’ascenseurNonMise aux normes lourde ou remplacement complet
Éclairage du hallOuiÉlectricité et remplacement d’ampoules

4. Taxes, gardiennage et services collectifs récupérables

Au-delà des dépenses techniques, certaines taxes et certains services peuvent être récupérés auprès du locataire. C’est notamment le cas de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, souvent appelée TEOM. Elle figure sur l’avis de taxe foncière du propriétaire, mais sa part correspondant à l’enlèvement des déchets peut être demandée au locataire. Les frais de gestion de cette taxe, eux, ne sont pas récupérables.

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères

La TEOM est récupérable même si le logement est loué vide, meublé ou occupé seulement une partie de l’année, sous réserve d’un calcul proportionné à la durée d’occupation. Le propriétaire doit pouvoir présenter son avis de taxe foncière afin de justifier le montant réclamé. Si le logement est occupé du 1er avril au 31 décembre, le locataire n’a pas à supporter une taxe correspondant aux trois premiers mois de l’année.

Dans certaines communes, une redevance d’enlèvement des ordures ménagères peut remplacer la taxe. Elle peut être récupérable selon les conditions applicables. Il convient de vérifier le document transmis et la nature exacte de la somme demandée.

Le gardien, le concierge et l’employé d’immeuble

La rémunération d’un gardien ou d’un concierge peut être récupérée en totalité lorsque cette personne assure à la fois l’entretien des parties communes et l’élimination des rejets, notamment la sortie des poubelles. Si elle n’effectue qu’une seule de ces deux tâches, seule une partie de la rémunération peut généralement être récupérée. Les modalités précises dépendent des missions réellement exercées.

Les avantages en nature, cotisations sociales et taxes associées à l’emploi d’un gardien peuvent également entrer dans les charges récupérables dans les limites prévues par les textes. En revanche, les frais purement administratifs de gestion du personnel, les indemnités particulières non prévues ou les dépenses liées à des fonctions de surveillance sans entretien peuvent soulever des difficultés.

Exemple de ventilation concrète

Dans une résidence de 30 logements, le syndic facture 18 000 euros annuels pour un gardien chargé du nettoyage et de la gestion des déchets. Si les missions correspondent aux critères légaux, cette dépense peut être répartie entre les logements selon les règles de copropriété. Pour un appartement représentant 35/1 000e des tantièmes, la quote-part théorique serait de 630 euros par an, soit environ 52,50 euros par mois, avant prise en compte des autres charges.

5. Charges récupérables en location vide et en location meublée

Charges locatives récupérables : la liste - 5. Charges récupérables en location vide et en location meublée

La distinction entre location vide et location meublée est importante, principalement en raison du mode de paiement des charges. Dans les deux cas, la liste des dépenses récupérables demeure un point de référence essentiel. Toutefois, le bail meublé peut prévoir un forfait de charges, alors que la location vide fonctionne très souvent avec des provisions régularisables.

Le régime habituel de la location vide

Dans une location vide soumise à la loi du 6 juillet 1989, le contrat indique habituellement le montant du loyer hors charges et celui de la provision mensuelle. Cette provision doit être régularisée au moins une fois par an. Le bailleur ne peut pas fixer un montant arbitraire puis éviter toute vérification : il doit comparer les sommes versées aux dépenses réellement récupérables.

Avant la régularisation, le locataire doit recevoir un décompte par nature de charges. En copropriété, ce document distingue souvent l’eau, le chauffage, l’entretien, l’ascenseur, les espaces verts, les ordures ménagères et les autres postes. Le propriétaire doit tenir les pièces justificatives à disposition pendant six mois à compter de l’envoi du décompte.

Le forfait de charges en meublé

En location meublée, le bail peut prévoir un forfait de charges. Dans ce cas, le montant est fixe et ne donne pas lieu à une régularisation annuelle, sauf si le contrat prévoit un autre fonctionnement. Le forfait doit être cohérent avec les dépenses normalement récupérables et ne doit pas être manifestement disproportionné. Il présente l’avantage de la simplicité pour le locataire, qui connaît à l’avance le coût mensuel global.

Par exemple, un studio meublé loué 700 euros hors charges avec un forfait de 80 euros permet au locataire de payer 780 euros chaque mois. Même si les charges réelles augmentent légèrement, le bailleur ne peut généralement pas réclamer un supplément au titre de la régularisation. À l’inverse, si les charges baissent, le locataire ne bénéficie pas automatiquement d’un remboursement.

Le cas des logements avec charges individuelles

Lorsque l’électricité, le gaz, l’eau ou internet sont souscrits directement par le locataire, ils ne sont pas intégrés aux charges récupérables du bailleur. Le locataire règle alors ses propres abonnements aux fournisseurs concernés. Cette situation est fréquente dans les maisons individuelles et les appartements disposant de compteurs séparés.

6. Comment se déroule la régularisation annuelle des charges ?

La régularisation des charges est l’étape qui permet de vérifier si les provisions mensuelles correspondent aux dépenses réellement récupérables. Elle doit être effectuée au moins une fois par an lorsque le bail prévoit un système de provisions. Un bailleur peut procéder à une régularisation plus tardive, mais les demandes anciennes sont soumises à un délai de prescription de trois ans.

Les documents que le propriétaire doit fournir

Un mois avant la régularisation, le propriétaire doit transmettre un décompte par nature de charges. Ce document doit permettre au locataire de comprendre l’origine du montant demandé. Il ne suffit pas d’indiquer une ligne globale intitulée « charges annuelles » sans détail. En immeuble collectif, le bailleur doit également communiquer, sur demande, le mode de répartition entre les logements.

Les justificatifs doivent rester accessibles au locataire pendant six mois. Il peut s’agir des factures d’eau, contrats d’entretien, appels de fonds de copropriété, factures de chauffage, décomptes du syndic ou avis de taxe foncière pour la TEOM. Le locataire a le droit de les consulter, même s’il n’a pas nécessairement droit à l’envoi systématique de toutes les copies.

Calculer un solde de régularisation

Imaginons un locataire ayant versé 100 euros de provisions mensuelles pendant douze mois, soit 1 200 euros. Après examen des comptes, les dépenses récupérables réellement dues s’élèvent à 1 080 euros. Le propriétaire doit donc rembourser 120 euros ou les déduire du prochain avis d’échéance.

À l’inverse, si les dépenses récupérables atteignent 1 350 euros, le locataire doit 150 euros supplémentaires. Le bailleur peut proposer un paiement échelonné, notamment si la régularisation est importante. Lorsque la régularisation intervient tardivement et dépasse un certain niveau, le locataire peut demander un étalement du paiement sur douze mois.

Conseils pratiques pour le locataire

  • Conservez les quittances, avis d’échéance et courriers relatifs aux charges.
  • Comparez les montants d’une année sur l’autre afin d’identifier une hausse inhabituelle.
  • Demandez le décompte détaillé avant de payer un complément important.
  • Vérifiez la présence de frais non récupérables, comme les honoraires de syndic.
  • Contrôlez la période prise en compte si vous êtes arrivé ou parti en cours d’année.
  • Privilégiez les demandes écrites, par courriel ou lettre recommandée en cas de désaccord.

7. Quelles charges ne peuvent pas être réclamées au locataire ?

Le propriétaire doit assumer les dépenses liées à son statut de propriétaire. Cela inclut les travaux lourds, les rénovations structurelles, les frais d’acquisition, la gestion administrative du bien et les dépenses visant à valoriser le patrimoine. Une erreur fréquente consiste à intégrer, dans la régularisation locative, l’ensemble des charges facturées par la copropriété. Or toutes ne sont pas récupérables.

Frais de syndic, assurance et gestion

Les honoraires de syndic, les frais de tenue de compte de copropriété, les frais de relance du syndic, les frais de location, l’assurance propriétaire non occupant et l’assurance de l’immeuble ne sont pas des charges récupérables ordinaires. Ils découlent de la propriété ou de la gestion de l’immeuble, non de l’usage quotidien du logement par le locataire.

Les frais bancaires, les commissions d’agence liées à l’encaissement du loyer, les honoraires de gestion locative et les coûts de contentieux restent également à la charge du bailleur. Le propriétaire ne peut pas les ajouter à une ligne vague intitulée « frais divers ».

Grosses réparations et travaux d’amélioration

La réfection d’une toiture, le ravalement de façade, l’isolation extérieure, le changement des fenêtres de l’immeuble, la rénovation totale d’une cage d’escalier ou l’installation d’un nouvel équipement collectif constituent habituellement des dépenses non récupérables. Elles relèvent de la conservation, de l’amélioration ou de la mise en valeur du bien.

Le remplacement d’une chaudière collective, la réfection complète d’un réseau d’eau ou la création d’un nouveau parking ne doivent pas être facturés comme charges locatives. Le propriétaire peut bénéficier de la valorisation apportée par ces travaux, mais il ne peut pas transférer directement leur coût au locataire par le biais d’une régularisation.

Les réparations liées à la vétusté

La vétusté correspond à l’usure normale des équipements avec le temps. Lorsqu’un appareil tombe en panne parce qu’il est ancien ou défaillant, sa réparation ou son remplacement incombe généralement au bailleur. Le locataire n’est responsable que de l’entretien courant et des dégradations qu’il a causées. Cette distinction est particulièrement importante pour les chauffe-eau, volets, radiateurs, équipements sanitaires et appareils électroménagers fournis dans un logement meublé.

8. Litige sur les charges : démarches, recours et conseils

Un litige sur les charges locatives peut naître d’un montant élevé, d’une absence de justificatif, d’une taxe mal calculée ou de l’ajout de frais non récupérables. Avant d’engager une procédure, il est recommandé de privilégier une démarche progressive. Une demande claire et documentée permet souvent de résoudre le problème sans conflit durable.

Demander des explications et des justificatifs

Le locataire peut commencer par adresser un message écrit au propriétaire ou à l’agence. Il doit demander le décompte détaillé, la période concernée, le mode de répartition et l’accès aux justificatifs. Si une somme précise semble injustifiée, il est utile de la citer : par exemple, 280 euros de frais de syndic, 450 euros de travaux d’ascenseur ou une TEOM calculée sur une année entière malgré une occupation de six mois.

Le propriétaire a intérêt à répondre de façon transparente. Une bonne communication évite que le locataire suspende le paiement de manière injustifiée. En effet, même lorsqu’il conteste une partie des charges, le locataire doit rester prudent et ne pas cesser unilatéralement de payer le loyer ou les sommes incontestées.

Les interlocuteurs utiles

En cas de désaccord persistant, plusieurs organismes peuvent aider à comprendre les règles. L’Agence départementale d’information sur le logement, souvent appelée ADIL, fournit une information juridique gratuite et personnalisée. Une association de consommateurs, une association de locataires, un conciliateur de justice ou la commission départementale de conciliation peuvent également intervenir selon la nature du différend.

La commission départementale de conciliation est particulièrement adaptée aux conflits relatifs au loyer, à l’état des lieux, au dépôt de garantie et aux charges locatives. Elle cherche une solution amiable entre les parties. Si aucun accord n’est trouvé, le juge des contentieux de la protection peut être saisi.

Prévenir les contestations dès la signature du bail

La prévention reste la meilleure solution. Avant de signer, le futur locataire doit demander si les charges sont au réel ou au forfait, connaître les équipements collectifs, vérifier l’existence d’un chauffage collectif et demander un ordre de grandeur des régularisations précédentes. Le propriétaire, de son côté, doit fixer des provisions réalistes et conserver l’ensemble des justificatifs.

Une provision trop basse peut sembler attractive lors de la mise en location, mais elle risque de créer une régularisation brutale de plusieurs centaines d’euros. À l’inverse, une provision excessivement élevée pénalise inutilement le budget du locataire. Un montant calculé à partir des comptes de l’année précédente, ajusté selon l’évolution prévisible des prix de l’énergie, est généralement plus équilibré.

À retenir

  • Seules les dépenses prévues par le décret sur les charges récupérables peuvent être demandées au locataire.
  • En location avec provisions, une régularisation annuelle détaillée et justifiable est obligatoire.
  • Les frais de syndic, les travaux lourds, la vétusté et les améliorations du bien restent en principe à la charge du propriétaire.

En conclusion, la liste des charges locatives récupérables ne doit jamais être considérée comme une simple formalité comptable. Elle protège à la fois le propriétaire, qui peut récupérer les dépenses liées à l’occupation du logement, et le locataire, qui ne doit pas financer des frais relevant de la propriété ou de gros travaux. La règle fondamentale est la transparence : les sommes demandées doivent correspondre à des dépenses réelles, utiles, récupérables et correctement réparties.

Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de relire attentivement le bail, de distinguer le loyer hors charges de la provision ou du forfait, et de conserver tous les documents reçus. En cas de régularisation, le locataire peut demander le détail des calculs et consulter les justificatifs. Le propriétaire doit, quant à lui, anticiper les dépenses, communiquer clairement et appliquer les textes en vigueur. Une gestion rigoureuse des charges contribue à une relation locative plus sereine, plus équitable et moins exposée aux litiges.

CONTINUER LA LECTURE

Découvrez d'autres articles inspirants

Voir tous les articles →